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FIGURES – Une tentative d’autoportrait

FRAGMENT // DOCUMENT SONORE VERSION : FRANÇAIS

Texte : Germana Civera et Laurent Goldring

Voix : Germana Civera

À PROPOS DE FIGURES sculpture-performance

VIDÉOGRAMMES

Dans la cadre du mois de la photo, Germana Civera chorégraphe artiste résidente à l’ENSAM propose FIGURES sculptureperformance, créé avec le photographe et plasticien Laurent Goldring. Une autofiction chorégraphique ou tentative d’autoportrait sera présentée le mardi 17 mars à 18H00 dans le Hall 1 de l’ENSAM. Dans l’espace du CUBE, on découvrira des tirages photos issus de vidéogrammes intégrant la performance.

« Qu’est-ce qu’un visage ? Est-ce la fable d’un corps ou la sculpture d’un récit ? Est-ce la trame corporelle d’une personne ou la figure pâle d’un portrait filmique peint par une caméra ? Qui sommes-nous donc : des visages dont l’expression de la face supporte la vie ou des mimiques contraintes de nos chairs qui symbolisent la mort ? Où se tient la voix quand elle échappe au corps et s’emploie à en donner seule une vision narrative invisible ? À quelle présence corporelle la figure de nos traits renvoie-t-elle ? Où donc se tiennent les images du visage et du corps quand elles échappent à la reconnaissance rassurante du regard ? Qu’est-ce qui vient à bouger en nous à la surface même de notre peau, sur les plis de la face ? Y a-t-il un langage solitaire et silencieux du corps détaché de notre âme ?

Ce sont de telles questions que suscite en nous le travail de Germana Civera, chorégraphe, et de Laurent Goldring, vidéaste. Une belle installation et ou performance qui relève à la fois, sans exagération aucune, du cinéma, de la danse, du théâtre, de la littérature, de l’art du portrait, de la sculpture et qui se dénomme curieusement : « Figures. Sculpture-performance ». Comment cela est-il possible, comment peut-on réunir une telle multiplicité d’approches au sein d’un seul ensemble ? ( … ) ».

Emmanuel Brassat, La Critique

Le travail de création de Germana Civera tente de découvrir et de proposer d’autres modalités de re-présenter le corps, au travers de son regard et de sa pratique (explore et développe des dynamiques de communication et de perception via la conscience physique, l’improvisation, l’écriture chorégraphique et la performance) dans une étroite collaboration avec d’autres médias artistiques. Elle met en jeu l’altérité entre passé et présent, entre mémoire et action. Une incorporation de l’invisible dans l’immédiateté du temps présent. Germana Civera et Laurent Goldring ont déjà travaillé ensemble à de nombreuses reprises depuis 1992 et durant près de dix ans : le plus souvent dans un dialogue de recherche, FIGURES sculpture-performance après sa création en 2004 pour le Festival International Montpellier Danse, devient une référence majeure dans le domaine de la danse contemporaine. Par la suite, FIGURES est présenté à des nombreuses reprises, notamment à Paris, au Centre Georges Pompidou, à La Fondation Cartier pour l’Art Contemporain, au Centre National de la Danse, mais aussi à La Porta à Barcelone, au The Rawawit Space for Performing Arts au Caire, au Festival Transamériques à Montréal, au Riocena contemporanea de Rio de Janeiro. Ce qui lui a valu d’être traduit en français, en espagnol, en anglais, en italien, en portugais et en arabe.

Laurent Goldring, normalien travaille depuis 1995 sur la représentation du corps en questionnant la domination actuelle de l’image analogique (photo, cinéma, vidéo) par la mise en évidence de sa très grande pauvreté. Ce qui le conduit à revisiter l’histoire des représentations du corps, à découvrir d’autres modalités de le représenter, et donc, contre la vulgate de l’épuisement, à démontrer que le corps n’a jusqu’ici que très peu été vu ou montré. Cette approche de l’image a intéressé de nombreux chorégraphes dont les questionnements ont rencontré le sien : elle a permis l’émergence d’un nouveau corps dans le champ de la danse : Germana Civera a été parmi les premières à se confronter à ces nouvelles donnes. Les oeuvres de Laurent Goldring font aujourd’hui partie des prestigieuses collections publiques, comme le Musée National d’Art Moderne (Sans titre acquis en 1989, Petite chronique de l’image (1995/2002) acquis en 2003, 24 images seconde acquis en 2013).

 

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