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MUSÉES EN EXIL – MO.CO. – ENSAM

2.11.2022 | À LA UNE, ACTUALITÉS

MUSÉES EN EXIL

Chili, Sarajevo, Palestine

 

AU MO.CO. MONTPELLIER CONTEMPORAIN

11 NOVEMBRE → 5 FÉVRIER 2023 VERNISSAGE LE 10 NOVEMBRE

 

MO.CO. accueille une exposition consacrée aux collections en exil. Son ambition est d’aborder le rôle clé des biens culturels dans la construction d’une identité par et pour des communautés déchirées. Pourquoi et comment des citoyens décident de créer des collections en temps de conflits ? Déracinées, les œuvres rassemblées par des artistes, des commissaires, ou des passionnés prennent une valeur symbolique d’unité nationale et de résistance au-delà de leur valeur artistique.

L’exposition explorera l’histoire unique de trois collections singulières : celle du Musée International de la Résistance Salvador Allende (MIRSA), conservée au Museo de la Solidaridad Salvador Allende du Chili ; Ars Aevi, la collection du Musée d’art contemporain de Sarajevo ; et la plus récente, celle rassemblée pour le futur Musée national d’Art moderne et contemporain de la Palestine, actuellement déposée au musée de l’Institut du monde arabe à Paris.

Trois collections, trois récits, trois cas d’étude sur trois continents : l’origine et la diffusion de ces collections ont été fondamentalement des actes de résistance, de solidarité et d’espoir face au chaos et à la violence que chacun de ces territoires a traversés ou continue de vivre.

En 1972, Salvador Allende ouvre un Musée de la Solidarité qui sera démantelé et pillé par Pinochet après son coup d’Etat de 1973, précipitant dès lors l’exil massif des artistes. Ceux-ci se rassemblent et, de leurs différents refuges, décident de créer une collection pour rendre hommage à Allende et poursuivre son action, pour dénoncer la dictature et alerter la communauté internationale. Ces œuvres ont réintégré aujourd’hui le Museo de la Solidaridad Salvador Allende à Santiago de Chile.

 

Robert Forgas, On n'arrête pas l'idée, Museo de la Solidaridad Salvador Allende, Santiago, Chili Courtesy Blaise Forgas

 

À Sarajevo, la guerre civile et les atrocités de quatre années de siège, de 1992 à 1996, provoquent la mort de plus de 13000 personnes, la destruction de la Bibliothèque nationale ou encore du Musée des Jeux Olympiques. Une résistance culturelle forte s’organise, et l’association Ars Aevi mobilise des directeurs d’institution, des artistes, des commissaires d’exposition pour organiser des expositions dans toute l’Europe. Les œuvres seront données à Sarajevo, en symbole d’une résistance à la violence, d’une solidarité internationale malgré tout.

Enfin, la constitution d’une collection pour la Palestine émerge assez vite dans l’histoire complexe du pays. Si l’Autorité nationale palestinienne est confortée en 1992-93 par les accords d’Oslo, la Palestine n’est pas aujourd’hui reconnue par les Nations Unies comme un Etat autonome. Représenté à l’UNESCO par une délégation, l’Etat palestinien a décidé de constituer un fonds d’œuvres pour ses citoyens qui deviendra la collection permanente de son futur Musée national d’Art moderne et contemporain.

Une sélection d’œuvres permettra de découvrir chacune de ces trois collections singulières, mêlant des artistes internationaux, qui ont tous choisi de donner par solidarité, témoignage, ou conviction. Une identité particulière émane de chaque ensemble.

 

Bill Viola, The Passing, 1991. Ars Aevi, Sarajevo, Bosnie-Herzégovine © Bill Viola Studios

 

La présentation de chacune de ces collections sera précédée d’une remise en contexte historique, et d’une introduction qui abordera la problématique du patrimoine en temps de conflit. En 1937, Guernica devient chef-d’œuvre et porte-drapeau d’une lutte contre les bombardements civils ; en 1936, le Prado doit évacuer ses collections sous la menace des bombes de Franco ; et en 1939 c’est au tour du Musée du Louvre, suivi par les musées de province, dont le Musée Fabre en 1942. Enfin nous évoquerons la situation en Ukraine, où les artistes continuent de créer malgré les tirs et les bombes, cherchant des moyens d’existence et de visibilité.

Au-delà de l’éclairage mis sur le patrimoine comme symbole collectif à protéger, sur l’acte de création comme acte de résistance et d’espoir, Musées en exil offre la possibilité de revenir sur l’œuvre de plus de 80 artistes de 30 nationalités différentes.

CONTACT PRESSE

Communic’Art
Lila Casidanus lcasidanus@communicart.fr + 33 (0)7 66 52 74 45

Le site du MO.CO.

 

Mohamed Joha, Housing, 2018. Collection Musée d’art moderne et contemporain en Palestine, en dépôt au musée de l’Institut du monde arabe, Paris. Crédit photo : Nabil Boutros

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