Les études d’architecture à l’ENSAM : une pédagogie plurielle pour répondre aux enjeux contemporains

Retour en images sur les rendus des travaux étudiants et les études d’architecture de ce premier semestre de l’année 2025-2026 qui montre la progressivité d’une formation dans laquelle l’étudiant débute avec la réalisation d’un petit objet isolé pour aboutir à un ensemble architectural, urbain et paysager complexe, afin de maîtriser et développer des savoirs multiples et complémentaires.

Initiation à l’architecture en première année des études d’architecture

Apprendre à photographier, cartographier, relever, dessiner, pocher, mettre à l’échelle un plan, une coupe ou une élévation, regarder un espace, un édifice, une ville, un paysage ou tout autre évènement inscrit dans l’environnement sont les fondamentaux des études d’architecture. Si l’architecture peut-être en partie défini comme l’art de concevoir des espaces pour le bien être des êtres vivants, il demande une compréhension du milieu dans lequel il s’inscrit. Pour ce premier semestre, les étudiants fournissent un travail de compréhension des échelles et leur première traduction d’un espace par le dessin sur un ensemble de calques pour cartographier une partie spécifique de la ville de Béziers.

Après ce premier travail de découverte et relevé du site, les étudiants en L1 pensent leur premier projet d’architecture : proposer un espace pensé comme une cabane pour y trouver refuge située sur les rives de l’Orb, telle une unité d’habitation avec un espace de sommeil, un espace de détente dédié à une activité (lecture, yoga, boxe, peinture, céramique…), une cuisine et un espace sanitaire en ossature bois. Le tout a été présenté à travers des croquis, plans, coupes, élévations à main levée sur calques et maquettes.

Encadrement pédagogique : Gilles Cusy, David Hamerman, Daniel Bicho, Nadine Chambon Fayard, Pascale Alazetta, Pierre Lequer, Yann Legouis, David Jouquand, Olivier Navelet.

Les facettes de l’habiter

Les étudiants de deuxième année se sont penchés ce premier semestre sur la conception d’une maison « en un lieu topographique » de Sète en climat méditerranéen pour répondre aux enjeux contemporains et acquérir les notions de la domesticité des espaces habités.
Ils devaient imaginer un habitat individuel comportant également un petit appartement destiné à la location (saisonnière), frugal en emprise sur le terrain, en surface, en matériaux et en énergie, mais généreux en qualités spatiales et d’usage.

L’atelier de projet du S3 se penche sur les facettes de l’habiter. Il est conçu comme un lieu décloisonné d’apprentissage des méthodes de conception architecturale (gestes, outils et enchaînements) appuyées par la constitution d’une culture spécifique (savoirs et références mis en réflexion, vision du monde).
L’objet-support des apprentissages est l’architecture vue comme l’activité de « faire édifier des lieux habités », à travers le sujet des maisons individuelles d’aujourd’hui inscrites dans la réalité complexe d’un milieu.

Tout au long du semestre, les étudiant(e)s réfléchissent aux problématique de l’habiter : en prenant en compte le contexte paysager et le territoire, la symbolique et sensorialité du lieu, l’« infra-ordinaire » cher à Georges Perec : quels gestes façonnent le chez soi ? comment l’ergonomie des usages dimensionne-t-elle les espaces ? comment la domesticité et les évolutions sociétales induisent des séquences et délimitations dans les typologies d’habitat ?

Encadrement pédagogique : Bijan Azmayesh, Daniel Bicho, Ankel Cerese, Gilles Cusy, David Hamerman, David Jouquand, Manon Kern, Jean-Paul Laurent, Romain Passelac, Nicolas Pauli, Jean Planes, Vinicius Raducanu, François Rosell, Maxime Rouaud.

De la forme au lieu. Tissus et objets

Dans un contexte d’urgence sociale et environnementale, l’architecture ne doit plus aménager mais ménager le territoire. Les étudiants de troisième année ont travaillé ce semestre sur les tissus du faubourg et des grands ensembles qui ont marqué successivement les limites de l’expansion de la ville, aujourd’hui lieu des possibles.

La ville de Sète a été retenue comme cas d’étude et plus particulièrement les quartiers situés entre la place de la République, le parc du Château Vert et la Pointe Longue. Après le diagnostic, enquête de terrain et reconstitution du territoire en maquette commune, les étudiants se sont penchés sur la création d’un espace public accueillant un équipement et une opération de densification du logement qui en lien avec l’équipement.

3 principes devaient être respectés : diminuer l’imperméabilisation des sols, favoriser un confort passif sans équipement technique, rendre plus inclusif chaque espace projeté, qu’il soit public ou privé.

Encadrement pédagogique : Mathieu Grenier, Jean-François Ravon, Gilles Cusy, Jérôme Apack, Olivier Navelet, Gabriele Salvia, Axelle Bourdeau, Pierre Soto.

Des domaines d’études de master ancrés dans le présent en lien avec un territoire

Situation-S

Une pédagogie qui (re) pense l’action et le savoir : les étudiants en master 1 du domaine d’études Situation-s ont exploré le projet architectural à travers la frugalité (sol, énergie, matière) et l’intervention sur l’existant pour élargir les notions de diagnostic, d’expérimentation et de greffe.

Ce travail d’abord collectif évoluant vers une démarche individuelle, fondée sur l’échange et la discussion s’est situé à la Villa Salis de Sète sur le Mont Saint Clair afin de requalifier cette ancienne auberge de jeunesse en un nouvel équipement. Les présentations des travaux se sont déroulées in situ afin de rentrer en dialogue avec le site et le projet. Les étudiants ont rivalisé d’inventivité pour leurs présentations : chasse au trésor, mise en situation, cadrage sur le paysage, récits et jeux pour appréhender le site.

Équipe pédagogique : Agnés BURGERS, Ankel CERESE, Christel CORRADINO, David JOUQUAND, Manon KERN, Jean Paul LAURENT, Alexis LAUTIER, Khedidja MAMOU, Céline ORSINGHER, Jean PLANES, Laurent VIALA.

Métropoles Du Sud

Dans une réflexion globale sur l’avenir des villes, en affirmant que 70 % de la population mondiale vivra en zones urbaines d’ici 2050, il devient impératif de penser l’architecture et l’urbanisme dans une perspective écologique, sociale et culturelle renouvelée. Métropoles du Sud intègre ainsi la lutte contre l’artificialisation des sols, la gestion des ressources locales et l’adaptation aux vulnérabilités climatiques comme axes structurants de son enseignement. Les thématiques explorées — ville post-carbone, ville nature, ville extrême, encore de la régénération urbaine dans des contextes patrimoniaux sensibles, traduisent cette volonté de concevoir des milieux urbains résilients et durables. La ville choisie pour 2025-2027 est Malaga.

Encadrement pédagogique : Elodie Nourrigat, Jacques Brion, Laurent Duport, Cédric Torne, D. Dosias-Perla

DomestiCITÉ

Matière première de nos villes, l’habitat nous permet de croiser les questions typologiques avec celles de la fabrication de tissus urbains. Comment le logement collectif constitue-t-il une matière première de la ville ? Comment l’ancrage domestique fait-il cité ?

Le DEM DomestiCité porte un regard approfondi sur l’architecture domestique, le banal sous un angle sensible qui met en lumière les usages et les rites comme facteurs d’ancrage dans un territoire. Il offre aux étudiants un autre prisme de lecture de l’identité méditerranéenne et de ses spatialités.

Encadrement pédagogique : Annabelle Iszatt, Malek Dahbi, Nicolas Lebunetel, Philippe Devillers, Yannick Sutter.

Vers une architecture située

Face aux urgences sociales et climatiques, que peut encore l’architecture ? L’architecture doit se repositionner : non plus comme outil de rupture, mais comme force d’ajustement, de transmission et de soin. Préféré à des termes trop éculés comme « réhabilitation », le mot « conforter » révèle une attitude : celle qui choisit d’agir avec l’existant plutôt que contre lui, d’écouter le territoire, de prolonger plutôt que remplacer.
Conforter, c’est aussi interroger notre manière d’habiter : quelle part de confort – ou d’inconfort – acceptons-nous dans nos espaces quotidiens ? Que signifie construire aujourd’hui sans céder au profit ou
à la table rase ?
Conforter, c’est apporter cette dimension au projet dans une approche qui met en avant des dispositifs holistiques, capables de relier usages, climat, matière et mémoire.
Le domaine d’études « Vers une Architecture située » propose de dessiner les contours d’un projet ancré dans le réel, lucide et engagé, capable d’embrasser l’imperfection du déjà-là pour en faire une matière à invention. La petite camargue a été choisie comme territoire commun de projet.

Encadrement pédagogique : Jérôme Apack, Stéphane Bosc, Marion Devillers, Mathieu Grenier, David Hamerman, Yann Legouis, Pierre Lequer, Olivier Navelet, Céline Orsingher, Jean-François Ravon, Catherine Titeux.

DEM ALT Zéro

Ce domaine d’études permet la singularisation de chaque parcours étudiant : aucun sujet ou site n’est imposé, mais le projet se construit dans l’interdisciplinarité. DEM alt Zéro affirme que le projet architectural est à la fois outil et objet de recherche. Il propose d’entrelacer les pratiques de recherches en architecture : recherche sur le projet, recherche par le projet, recherche-création.
Le projet devient alors un moteur de connaissance, et les dispositifs pédagogiques (ateliers, séminaires, mémoires, workshops, …) sont articulés selon ce but.

Encadrement pédagogique : BICHO Daniel, CHAMBON FAYARD Nadine, COULAUD Stéphane, CREGUT
Nicolas, HAYET William, JANNIN Stéphanie, LEQUER Pierre, RADUCANU Vinicius, RAVOUX Laurence, PR. VILLEMUR Frederique, PR. WATIER Eric

Double diplôme Barcelone

Ce domaine d’études s’inscrit dans le cadre de la convention établie en 2024 entre l’ENSAM et l’ETSAV (Escola Tècnica Superior d’Arquitectura del Vallès), une des deux écoles publiques d’architecture de Barcelone. Le programme prévoit un arpentage du territoire transfrontalier commun : celui délimité au nord, par les Bouches-du-Rhône ; au sud par le delta de l’Èbre ; et dans l’arrière-pays, par la première chaîne de montagnes parallèle à la côte. Les enjeux actuels propres à cette bio-région relèvent aussi bien d’un caractère métropolitain, que patrimonial, rural, littoral… ou de haute montagne.

Lien vers la présentation de chaque domaine d’études