ENTRETIEN AVEC FRANCIS HALLÉ

C’était le JEU. 24.11.2022 

ANIMÉ PAR DAMIEN VIEILLEVIGNE – PRÉSIDENT DE LA MAISON DE L’ARCHITECTURE – OCCITANIE MÉDITERRANÉE (MAOM)

INTRODUCTION PAR STÉPHANE BOSC  – PRÉSIDENT DE LA CFVE

Francis Hallé est un des précurseurs de l’architecture des plantes. Sa capacité d’observation lui permet de reconnaître dans les végétaux des structures  qui sont une constante pour chaque espèce : quelle que soit la variabilité de son environnement, une plante donnée reproduit toujours la même architecture.

Botaniste et biologiste, Francis Hallé est spécialiste des arbres et des forêts tropicales. Il a été professeur aux universités d’Orsay (1960), de Brazzaville (1968), de Kinshasa (1970) et de Montpellier (1971-1999). Il est membre correspondant du Muséum national d’histoire naturelle de Paris et l’auteur de nombreuses publications, dont : Le Radeau des cimes (en collaboration avec Dany Cleyet-Marrel et Gilles Ebersolt, J.-C. Lattès, 2000), Éloge de la plante (Seuil, 1999), Architectures de plantes (JPC, 2004), Plaidoyer pour l’arbre (Actes Sud, 2005), La Condition tropicale (Actes Sud, 2010), Il était une forêt (avec Luc Jacquet, Actes Sud, 2013), Plaidoyer pour la forêt tropicale (Actes Sud, 2014), La Beauté du vivant (2024).

Dans La vie des arbres, Francis Hallé ouvre son ouvrage par un éloge des arbres à travers la littérature. Il dit notamment que Paul Valéry leur a consacré certaines de ses plus belles pages dans Dialogue de l’arbre, publié en 1943.

En voici, un extrait :
Tityre, assis sous un hêtre, répond à Lucréce : « […] mais puisque cette masse d’ombre t’attire comme une île de fraîcheur au milieu du feu de ce jour, arrête et cueille l’instant. Partageons-nous ce bien, et faisons entre nous l’échange de ta connaissance de cet Arbre, avec l’amour et la louange qu’il m’inspire… Je t’aime, l’Arbre vaste, et suis fou de tes membres. Il n’est fleur, il n’est femme, grand Être aux bras repliés, qui plus que toi m’émeuve et de mon cœur dégage une fureur plus tendre… Tu le sais bien, mon Arbre, que dès l’aube, je te viens embrasser : je baise de mes lèvres l’écorce amère et lisse, et je me sens l’enfant de notre même terre. À la plus basse de tes branches, je pends ma ceinture et mon sac. De tes ombres touffues, un gros oiseau soudain s’envole avec fracas et fuit d’entre tes feuilles, épouvanté, m’épouvantant. Mais l’écureuil se hâte vers moi : il vient me reconnaître. Tendrement naît l’aurore, et toute chose se déclare. »

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