Flora Peyrot, Luc Loviton, Mathilde Steenhaut et Antoine Aunave, étudiants à l’ENSA Montpelllier ont remporté l’édition 2026 du Festival des Cabanes avec leur projet “Le bruit du bois”. Bien loin de leurs paysages horizontaux de l’arrière pays montpelliérain où ils réalisent leurs études, leur projet se qualifie justement grâce à l’intégration du relief alpin dans leur composition. Sélectionné parmi près de 200 candidatures, leur architecture a convaincu le jury par l’interaction qu’elle offre entre le visiteur et le grand paysage des sources du lac d’Annecy. Pour cette 11ème édition du festival des cabanes, leur projet intègre une constellation de 14 constructions aux alentours du lac.
Un projet en harmonie sensorielle avec la nature
Sur les hauteurs des Combes, la cabane s’installe dans une relation d’abord acoustique avec son environnement. Les carillons, agités par le vent de la vallée, semblent très vite entrer en résonance avec les cloches du troupeau d’en face. Le projet tient par la verticalité de ses carillons, une politesse aux arbres tendus vers le ciel du bois juste derrière, tandis que la jetée en bois dans ce paysage lui apporte une horizontalité qui contraste, qui révèle. Alors le bois de la cabane, acheminé de la scierie d’en bas, permet cette cohérence paysagère et offre une expérience contemplative, active avec l’architecture, mais surtout avec la nature tout autour. ” Le bruit du bois ” met donc en scène son site, mais la cabane rend aussi acteur les visiteurs le long de sa balade.
L’idée vient alors de mettre le visiteur en mouvement en lui offrant plusieurs strates d’usage pour le rendre acteur du projet : frapper les carillons, les traverser, déambuler sur la coursive aérienne, s’asseoir à l’abri juste en dessous, ou encore découvrir, par curiosité, une grotte à l’arrière du projet. Au fil de cette exposition le paysage se révèle presque sans que l’on s’en aperçoive. La coursive cadre progressivement la vue et, en prenant de la hauteur, renverse le point de vue pour faire découvrir les champs depuis le haut. Le banc, en retrait de la trame, offre un cadrage sur le village des Combes et ses vaches curieuses. La grotte invite à se mettre à l’écart du paysage pour mieux le redécouvrir. Enfin, la traversée du projet à travers les voiles de carillons ne présente pas la cabane comme un mur, mais comme une porte ouvrant sur le paysage.
Ici les choix de structures sont au service du projet. La cabane entière s’appuie sur 10 portiques pour tenir la construction sur environ 15 mètres qui s’ancrent dans le sol grâce à de fins poteaux moisés formés par l’assemblage de 4 tasseaux de même taille que les carillons. La structure se confond alors avec les voiles qui dansent au vent et permettent de glisser dans les interstices du poteau les structures horizontales. Poutres et traverses accueillent donc le plancher ainsi que tous les carillons qui y sont suspendus. La cabane est donc surélevée du sol et semble flotter dans la pente.
D’une maquette à la réalité
Pour Flora Peyrot, Mathilde Steenhaut, Luc Loviton et Antoine Aunave, le festival des cabanes est surtout l’occasion de construire et mettre en application l’enseignement théorique de l’école, pour se confronter aux réalités du terrain. De prendre ainsi la mesure du simple dessin et d’assumer le lendemain sur chantier la fabrication et la pose de près de 1 000 carillons. Pour se faciliter la tâche et partager un véritable moment d’architecture, les quatre lauréats ont évidemment pu compter sur l’aide précieuse d’une dizaine de leurs amis, tous étudiants de la même discipline, qui se sont fait un plaisir d’apporter au projet toutes leurs compétences. La cabane est aussi pour eux une opportunité précieuse de prolonger leurs travaux sur l’intégration de l’architecture au paysage et la recherche d’une cohérence, d’une évidence, entre l’acte de bâtir et son territoire.









- Flora Peyrot : Étudiante en 3e année, démocratise une pratique organisée autour de l’interdisciplinarité des arts et de l’architecture, en développant en parallèle de l’école tout un univers plastique et créatif qui toujours, enrichissent et dynamisent son architecture.
- Mathilde Steenhau t: Étudiante en 5e année, dessine actuellement un parcours d’apprentissage autour de la notion du grand territoire et de ses rythmes interscalaires. Son inclination pour la cartographie systématique et systémique lui offre une grille de lecture unique qu’elle développe de son côté.
- Luc Loviton : Étudiant de 4e année, étend son architecture à travers la pratique et plus particulièrement le sujet de la toiture. Ancré dans un besoin de récit concret, il met cet apprentissage de la main au service d’un dessin architectural précis et intelligent.
- Antoine Aunave : Étudiant de 5e année, dynamise son approche architecturale par le prisme du patrimoine. Soucieux de comprendre un territoire et son terroir, il façonne un regard attentif au déjà-là comme ressource à bâtir.
- Les participants au chantier : Baptiste Olu, Gérard Borrelly, Julia Neel, Laurence Peyro, Léandre Defaye, Lou Nguyen-Gia, Mathéo Izac, Thierry Steenhaut et Yoann Fontaine
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