Penser les logements collectifs

Les S6 ont inauguré les rendus cette année. Félicitations à eux.

Cette année, les troisièmes années se penchent sur la question du logements collectifs. Un territoire commun a été choisi par l’équipe pédagogique : Arles et 4 sites situés dans un contexte urbain hétérogène. Chaque étudiant doit développer entre 30 et 60 logements. Ce travail en studio aide les étudiants à renforcer leurs compétences de conception architecturale et à appliquer les principes fondamentaux de la conception architecturale sur des programmes complexes, à travers une expérimentation contemporaine. Le programme intègre des commerces ou locaux professionnels. Chaque studio propose plusieurs sites offrant ainsi une diversité de situation urbaine dont les étudiants peuvent se saisir selon leur appétence.

Prendre en compte les contraintes climatiques

Face aux conséquences croissantes du réchauffement climatique — sécheresses, submersions côtières, incendies ou encore raréfaction des ressources en eau — l’habitat devient un enjeu majeur pour les villes de demain. Durant ce semestre, il a été demandé aux étudiants de concevoir des logements collectifs adaptés au climat méditerranéen, favorisant la relation entre intérieur et extérieur, tout en intégrant la nature dans un contexte urbain dense. Leurs projets d’habitats doivent être pensés comme durables, économes en énergie en prenant en compte les principes bioclimatiques afin d’assurer le confort été comme hiver. Ils doivent également offrir des espaces évolutifs, partagés et innovants, capables de répondre à de nouveaux modes de vie et de renforcer les liens sociaux, la convivialité et la solidarité entre habitants.

Interroger le vivre ensemble

Les projets étudiants devaient proposer de nouvelles manières de vivre ensemble en considérant le vieillissement de la population comme une opportunité de partage et de solidarité tels que les habitats intergénérationnels qui prennent principalement deux formes : la colocation intergénérationnelle, où des personnes âgées accueillent des étudiants ou jeunes actifs en échange de services ou d’un loyer réduit, favorisant ainsi l’entraide et le lien humain ; et les résidences intergénérationnelles, conçues pour rassembler différentes générations autour d’espaces et d’activités communes. Ces modes d’habitats visent à lutter contre l’isolement, encourager les échanges entre générations et améliorer la qualité de vie des habitants.

Les logements intermédiaires, la colocation, l’habitat connecté et l’habitat de loisirs type AirBnB sont également évoqués lors de ce semestre.

Composer avec le déjà-là

Plusieurs enjeux sont au cœur des réflexions de ce semestre et guident les projets étudiants : l’innovation, la qualité environnementale pour contribuer au confort, le dialogue avec le déjà-là, l’adaptabilité, la gestion des risques naturels et particulièrement ceux liés à l’eau, la densité, la morphologie urbaine et l’importance de la matérialité qui devra influencer largement, et de façon cohérente, la forme, l’espace, la lumière et l’expression du projet.

La notion de résilience appliquée aux territoires, à la fois sur les plans écologique, urbain et architectural est privilégiée. Inspirée des idées de transition développées par Rob Hopkins, cette approche vise à régénérer les lieux en valorisant leur capacité à se transformer et à s’adapter aux changements ou aux crises. Plutôt que de se concentrer sur les catastrophes, le projet doit chercher à révéler le potentiel des territoires grâce à de nouvelles formes architecturales et urbaines capables de favoriser leur renouvellement et leur durabilité.

Équipe pédagogique : B. Azmayesh, A.Bourdeau, J.Brion, J-S Cardone, F. Chaignaud, P. Constant, Ph. Devillers, L.Duport, J. Henry, A.Iszatt, E.Nourrigat, M. Percebois, C. Rabourdin, P.Soto, Y. Sutter, C. Torne, J. Viala, B. Viguier