
















Apprendre à composer, la mesure, le rythme, la lumière naturelle, construire un espace à partir de sa matérialité.
L’exercice pédagogique du S4 est centré sur la constitution d’un projet d’équipement public d’environ 300 m² accompagné d’un espace public dans un contexte de cœur de village. Le projet est développé autour de trois axes de travail, la relation au site qui doit affirmer la position d’un équipement public dans un tissu historique, pour recomposer le déjà-là, la capacité à construire cet édifice et son espace public et la qualité spatiale des propositions typologiques. L’atelier de projet de S4 a pour objectif d’amener les étudiants à comprendre et maîtriser, la composition spatiale (l’espace comme lieu dans lequel l’on habite), la composition urbaine (la ville dans laquelle l’on habite), la relation construction/espace, les sols de la ville, le bio-climatisme et les ambiances générées par les espaces et les matières tout en prenant compte du déjà-là.
Les étudiants devaient valoriser les matériaux naturels, charpente bois, pierre de Beaulieu, pierre de Pompignan, terre cuite dans une logique d’assemblage de matériaux qui donnent un rythme, une trame constructive. Il s’agit de penser les différentes échelles, urbaine, espace public, projet architectural et de savoir représenter ces différentes échelles par le plan et la coupe. Le studio est également l’occasion de la mise en pratique des enseignements de théories et doctrines et crée un lien avec les enseignements de structure, maçonnerie en petits éléments. Le projet doit recomposer l’espace du cœur du village de Lauret.
Des enjeux fondamentaux
Premier enjeu la topographie – un projet ne peut pas être « posé » sur un trait horizontal qui n’a pas de matière, le sol existe, il a une composition, une topographie même infime. La topographie c’est aussi le territoire, le dessiner pour le comprendre, le visiter, l’arpenter, le photographier.
Le deuxième le climat – La ville que l’on souhaite dense pour économiser du sol, au de-là de l’édifice, nous questionne sur la place de l’espace public dans la ville contemporaine, simple respiration ou espace qui accepte des usages divers. Ces espaces doivent également recevoir les eaux, éventuellement les infiltrer, créer un climat, bénéficier à des jardins, apporter de la fraîcheur au sol, composer avec l’ombre et la fraîcheur apportés par les arbres de hautes tiges.
Le troisième est la première matière de l’architecte, la lumière – une attention particulière est demandée aux étudiants quant à la définition des percements réalisés sur le projet. Dans une région dans laquelle le soleil et la chaleur sont une question cruciale, les projets doivent montrer comment l’architecture passive peut amener du confort aux édifices.
Les formes tectoniques – Il est demandé dans les projets de mettre en avant la profondeur de la matière, de la lumière de la mise en œuvre des masses. La construction du projet d’architecture n’est pas une pellicule apposée sur une forme, la ville que nous fabriquons doit durer, elle ne peut pas être obsolète à chaque nouvelle « invention » formelle, elle doit se constituer. S’occuper de l’urbain? c’est fabriquer une culture de co-existence, de co-habitation et non d’additions de singularités.
Et pour finir, le sens tactile plutôt que visuel – Utiliser les ambiances, combattre la prédominance des matériaux industriels qui standardisent l’architecture et font qu’un bâtiment quelle que soit sa situation dans le monde est semblable. La lumière particulière de la Méditerranée, ses odeurs, son rapport au paysage sont le fil conducteur du projet.
Équipe pédagogique : Maxime Rouaud, Alexis Lautier, Aurijoy Mitter, David Jouquand, Ankel Cerese, Christel Corradino, Jean-Marc Priam, Stéphane Bosc, Bijan Azmayesh, Jean Planès, Romain Passelac, Patrick Buffard, Alexandre Varet.